La retraite spirituelle a fait jaillir en moi le sentiment de gratitude et d’amour envers Allah

16
Jan

BismilLahi,

Comme de nombreux autres frères et sœurs, rien ne me prédestinait à participer à la retraite organisées aux Cévennes. Je suis mariée et mère d’un bébé de 20 mois, une enfant hyper sensible qui trouve difficilement le sommeil dans un cadre qui n’est pas le sien et qui accapare sans cesse mon attention. Étant très curieuse, chaque élément devient un danger pour elle, il était donc impossible de participer à la retraite avec elle. Aussi, ma participation à ce voyage initiatique a fait l’objet de quelques discussions houleuses avec mon mari afin de trouver une solution : qu’il s’y rende seul ou accompagné de notre fille, partir en famille en faisant des escales en voiture dans telle ou telle ville, etc. Toutes les solutions étaient envisagées avec stress et angoisse de ma part.

Bien que mon mari ait participé aux retraites organisées à Belfort et au Canada en 2017, je n’avais pas saisi l’apport extraordinaire que pouvait apporter une rencontre avec Shaykh Hamdi. Je n’avais pas pris conscience de la portée du projet Floraison. Mon mari s’est donc sacrifié pour garder notre fille en me laissant partir seule pour ce magnifique voyage aux Cévennes. Magnifique cadeau ! Moi qui n’avais jamais quitté ma fille depuis mon accouchement, me voilà partie pour 5 jours dans la nature, pour des retrouvailles avec moi-même, loin de Bruxelles, loin du quotidien qui polluait la foi. Lors de mon départ, j’étais comme dans un état de prière et de sérénité. Au moment où mon pied a quitté l’appartement, j’apprenais à m’en remettre au Tout Puissant. Mon départ était déjà le début d’un apprentissage, je sentais la Présence divine sans en prendre conscience. 936 km plus tard, à la vue du Shaykh Hamdi et de son épouse, j’ai compris, j’avais enfin trouvé ce qui pouvait rendre mon cœur perméable au Message divin et à l’amour de Son Prophète salla Allahou aleyhi wa salem.

Chaque parole, acte, démarche, attitude, élocution ou silence de notre Shaykh sont une véritable leçon. Il incarne les valeurs et les qualités prophétiques. Il ne sait pas dire non, il est ferme quand il faut, doux à d’autres moments. Il fait don de son cœur et de sa raison. Il donne sans recevoir en retour. J’avais bien lu dans les livres et participé à de nombreuses conférences ou des cours où l’on s’attarde sur les qualités du musulman. Là, pour la première fois de ma vie, j’étais témoin d’un modèle vivant à suivre. Sa compagnie est une méditation, une lumière pour les cœurs obscurcis et endurcis. Ses silences profonds, ses discours percutants et tellement remplis de bon sens, ses prières si profondes, teintées d’amour et de dévotion ont bousculé mon cœur au point de me donner le vertige. Tous les prêches et les cours auxquels j’ai participé depuis presque 10 ans ne sont pas à la hauteur de cette retraite. Le miracle de cette retraite tient au fait que chacune de mes questions ou de mes doutes a trouvé une réponse, une certitude. Même les discussions les plus banales entre sœurs m’ont permis de me forger une idée ou une opinion sur ma vie et la manière dont je devais la gérer. Les objets les plus futiles ont attiré mon attention, faisant le lien avec mon Créateur. J’ai appris à chaque rencontre à voir une invitation à L’adorer et à Le remercier. Mon état avant ce voyage était inquiétant. Mon cœur battait mais sans étincelles, sans lumière. Ma spiritualité, en berne, était diminuée par l’énergie investie entièrement dans le quotidien, l’éducation d’un enfant, les activités ménagères et autres événements qui ont bien failli mettre en danger le lien avec mon Seigneur et Son Prophète salla Allahou aleyhi wa salem ainsi qu’avec Ses créatures. J’avais un lien fragile, mécanique, dépourvu d’une prise de conscience de chaque instant avec Allah azza wa jal. Avec cette fragilité spirituelle, il faut rajouter une personnalité de nature impatiente, angoissée, stressée par les événements imprévus du quotidien que je percevais de façon très négative et interprétais comme de la malchance. J’en parlais autour de moi, mais je me sentais incomprise. Ni mon état ni ma situation ne s’amélioraient pour autant. J’étais assoiffée, je dépérissais et Floraison est venue m’abreuver de la science, du dhikr, du compagnonnage, de l’observation et de la méditation en Lui, avec Lui et pour Lui. Je renais avec l’envie et la motivation de mettre en pratique les conseils de l’imam Ghazali et les conseils précieux de notre vénérable Shaykh Hamdi.

Je me disais que la personne que j’avais le plus pris dans mes bras durant ma vie était ma fille. Dorénavant, je peux aussi rajouter les sœurs des Cévennes car, jusqu’à cette retraite, je n’avais jamais embrassé ni pris dans les bras autant de croyantes. Aussi, après la retraite, j’ai su dire “je t’aime” à ma fille de façon naturelle et consciente. J’ai été stupéfaite de m’apercevoir que “je t’aime Meriem” était une rime. N’ayant pas obtenu l’amour de mes parents étant enfant, je ne savais pas ce qu’était aimer et être aimée. Je pensais qu’on ne pouvait pas donner aux autres ce que l’on n’avait pas reçu enfant. Je sais désormais que cela est faux, car avec Allah tout est possible. J’ai souffert d’une scolarité où l’on me mettait de côté à cause de mes origines maghrébines. J’ai souffert du manque de reconnaissance et d’encouragement de mes parents, souffert de leur indifférence et de leur dureté. J’ai reçu une éducation où l’on mise tout sur la réussite scolaire avec l’obtention d’un diplôme et d’un travail au détriment des sentiments et de l’amour. On a mis de côté mes passions et mes ambitions telles que le théâtre ou d’autres activités artistiques. L’éducation islamique était quasi inexistante ; il y a bien eu quelques tentatives d’apprentissage de la langue arabe mais ce fut un véritable échec. L’étude de ce pourquoi nous avons été créé a complètement fait défaut dans mon enfance. Je savais que j’étais croyante al hamdou lilLahi, mais mes souvenirs étant enfant se résument à un tableau de la kaaba accroché dans le salon chez des amis de mes parents et la lecture du Noble Coran par ma maman au décès de mon arrière-grand-mère lorsque j’avais 12 ans. Al hamdou lilLahi Allah est Grand et Il guide qui Il veut. Je ne me plains pas, et je suis reconnaissante pour tout ce que mes parents ont fait jusqu’à présent.

J’aimerais aussi rajouter qu’au mois de septembre 2017, j’ai failli mourir. Je m’étais présentée aux urgences avec une sérieuse hémorragie avec un risque d’une opération imminente. Grâce à Allah ta’ala, j’ai pu me remettre de cet épisode. J’ai pu ainsi goûter à la compagnie et aux paroles de Shaykh Hamdi et entendre les précieux conseils de son honorable épouse. Même l’approche de la mort ne m’avait pas autant secouée que cette retraite, subhan Allah. Mourir sans avoir pris conscience de l’amour, du capital et du potentiel que nous avons en nous m’aurait peut-être fait défaut dans l’au-delà et Dieu est Savant et Juste. Il y a tellement de bienfaits auxquels j’ai pu gouter, ils sont trop nombreux que pour les citer. Al hamdou lilLahi

Je remercie du fond du cœur Shaykh Anass Tigra de Bruxelles qui a été le début de cette impulsion spirituelle, Floraison, Shaykh Hamdi, Oustadha Sheynaz pour leurs temps, leurs sacrifices, leurs conseils, leurs efforts et leurs intérêts envers la oumma. Je les remercie de m’avoir fait renaître. Merci d’avoir fait jaillir en moi le sentiment de gratitude et d’amour envers notre Créateur, Son Prophète salla Allahou aleyhi wa salem et Ses créatures, la nature et les objets.
Je remercie les participants pour tout ce qu’ils ont pu m’apporter ainsi que mon mari qui m’accompagne quotidiennement sur le chemin de la spiritualité, vers l’ihsan. Je leur demande aussi pardon pour mes manquements, mes défauts, mes mauvaises pensées ou ressentiments. Pardon de ne pas avoir su les aimer et les apprécier à leur juste valeur. Pardon à ma fille avec qui j’ai manqué cruellement de patience et qui est le plus beau cadeau et la plus belle manifestation de la Grâce d’ Allah azza wa jal dans ma vie, un don dont j’ai pris conscience en participant à la retraite. Je ne demanderai jamais assez pardon et je ne remercierai jamais assez mon prochain car je suis un être faible…

wal hamdou lilLahi.

Une soeur

One Comment

  1. Emmanuelle
    22 Jan 2018 06:15:55 Répondre

    À salam aleikoum je me réveille avec ce beau témoignage, touchant et inspirant. J ai aussi vécu des instants hors du temps avec Sheikh Hamdi, et je confirme ce que tu dis, sur l’ amour, et la gratitude qu’il nous inspire. Ton mari t à fait un cadrau magnifique. Désormais il faut entretenir cette flamme avec des sœurs qui t entourent, des cercles de dikr, que tu es en capacité d animer. Je t embrasse et t entouré de toute mon affection. Emmanuelle de Nantes

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